Pensionnat Yoru


 
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 Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]

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James E. Wilson

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MessageSujet: Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]   Mar 25 Jan - 22:53

Je reprenais peu à peu à peu ma vie à l'école, jonglant entre les cours, les réunions et mes rendez-vous à l'hôpital. Cette histoire traînait trop à mon goût, cela faisait déjà deux semaines que j'étais coincé dans ce fauteuil et je commençais à en avoir assez de mesurer moins d'un mètre cinquante les bras levés... Bon, j'étais heureusement autorisé à me lever de temps en temps, mais ni à marcher, ni à m'asseoir autrement qu'avec les jambes allongées ou sur une chaise, ou sur mon fauteuil. Évidemment toute activité physique m'était proscrite et à la moindre sensation de picotement dans le dos je devais appeler une sorte de médecin spécialisé sur la colonne vertébrale... Je n'avais pas bien compris tous leurs termes et évidemment aucun de ces médecins n'étaient capables de me faire la traduction en anglais... Bah... Je ne pouvais pas franchement leur en vouloir.
J'attendais que les derniers élèves sortent de mon cours lorsqu'un voix féminine m'interpella.


« Professeur, c'est vrai que vous allez être paralysé ? Vous allez devoir quitter l'établissement ? »


Je levais les yeux vers la jeune Alicia, avant de me rendre compte que c'était tous mes élèves qui me regardaient avec un air triste... Seulement, je ne savais même pas si je pouvais les rassurer avec ce que je savais... Je fus par contre légèrement vexé que l'on pense déjà à me remplacer... Je tentais de cacher ce sentiment avant de finir par répondre. J'allais éviter toute démonstration inutile, c'est en faisant ce genre d'exploit que je pourrais finir handicapé à vie.

« Il se pourrait que je devienne paralysé oui, du moins c'est ce que les docteurs ont dit. Désolé je ne peux pas vous en dire plus. »

Je fis un léger sourire à la classe et les adolescents se mirent à ranger leurs affaires sans un mot de plus, ils avaient compris par eux-mêmes que je n'avais pas envie de leur parler de tout cela. Je continuais donc à ramasser mes affaires dans ma mallette, alors que mon regard croisa à nouveau celui de la jeune fille qui était en train de pleurer. L'empathie, tel était son pouvoir et elle avait sûrement dû capter que je commençais à désespérer quant à une guérison quelconque. Ils avaient perdu depuis quelques jours la trace de mon soi-disant os parasite et allongeaient la durée de mon traitement et de cette situation... Le problème c'est que je n'avais pas à penser qu'à moi, tout cela influait aussi sur l'humeur de Naho, alors qu'elle ne pouvait rien y changer bien sûr... Je m'en voulais de la mettre dans cet état, je m'en voulais de ne pas réussir à avoir une pensée positive pour calmer Alicia.

« Je suis sûr que tout va s'arranger, allons...


- Vous mentez ! »

Un point pour la brune. Bon, je me concentrais néanmoins pour essayer de rendre les choses plus simples. J'envoyai alors à la salle l'illusion d'un James qui se lève de son fauteuil pour leur parler.


« On n'est pas encore certains de mon état, pour le moment il n'y a rien qui puisse signifier que je vais finir paralyser... Et puis même si c'est le cas, ça ne touchera que mes jambes, alors il y a quand même pire non ? »

L'illusion leur fit un brillant sourire et se rassit, j'étais à nouveau là, sans qu'il n'ait pu se rendre compte de quoique ce soit. Finalement, j'avais réussi à tous les rassurer, surtout Alicia. Je restais dans la salle après leur départ à tous... Le pire, pensais-je, c'était mon père. Je ne m'étais pas encore remis de la nouvelle de son cancer, je n'avais pas encore réussi à en parler, les personnes les plus proches de moi s'étant concentrées sur ma santé. Je n'avais pas envie d'être le vilain petit canard qui avait besoin d'aide à chaque minute de sa vie. J'avais donc gardé cette information pour moi, un problème à la fois. Et Williams avait intérêt à survivre jusqu'à ce que je puisse prendre l'avion. L'effet inverse était vrai... Je n'avais pas osé leur avouer que j'étais dans un fauteuil, pour eux je pansait encore mes nombreuses blessures et c'était tout. Ils connaissaient la même version que mes étudiants, une bête chute dans les escaliers. Eichi avait même été retiré du dossier afin que l'on ne pense pas qu'il y ait quoique ce soit entre nous...

Je finis par sortir de ma salle, mallette, documents et quelques papiers sur les genoux. Les premiers jours, j'avais un mal de chien le soir, à force d'utiliser les muscles de mes bras pour avancer, l'idée c'est que pour le violon c'était un bon plan d'être musclé des bras. Pour le reste... Eh bien j'aurais aimé quand même pouvoir utiliser mes jambes.
J'arrivais à l'ascenseur, appuyant sur le bouton pour l'ouvrir, je me mis à bâiller un instant et à m'étirer... un peu trop. Mes documents glissèrent et tombèrent à terre, juste devant moi. Je pestais dans la langue de Shakespeare avant de me pencher au maximum pour essayer de récupérer mes papiers, chose évidemment impossible, surtout que techniquement, ce genre de mouvement m'était interdit.
Je pris la mallette et la pochette de documents que j'avais gardé avec moi et les posait entre ma cuisse et un coin de mon fauteuil. Il fallait que je descende, encore une fois grâce à la force de mes bras. Je me glissais donc sur le sol, manquant de faire tomber mon fauteuil, mais enfin, après cet exercice périlleux, je me trouvais les fesses sur le sol, les jambes bien tendues devant moi, à ramasser les quelques feuilles pour les remettre en ordre. Mon portable se mit à sonner, je l'attrapais, le sortant de la poche de mon pantalon noir. « Hôpital. »
Je raccrochais, sans trop savoir pourquoi. Je ne voulais pas leur parler, à ces idiots de japonais incompétents. Je finis de ramasser mes affaires et avisait mon fauteuil qui avait roulé quelques mètres plus loin.
J'entendis alors des bruits de pas et identifia une adolescente. Elle allait sûrement se poser des questions en voyant son professeur, vêtu proprement : pantalon noir, chemise blanche, pull noir, assis à même le sol à regarder un tas de feuille. Je soupirais. Illusion ou pas ? Non, c'était sûrement trop tard... Je me contentai donc d'un sourire un peu gêné, de toute façon, je n'avais pas grand chose de plus à faire, je me rapprochai de mon fauteuil d'une manière ridicule et finit par l'attraper, posant mes quelques feuilles dessus. Quel était le prénom de cette élève déjà ?... Ah oui.


« Bonjour Yunä. »
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Yunä Tsuno

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MessageSujet: Re: Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]   Mer 26 Jan - 19:15

Les escaliers situés au fond du bâtiments m'ont toujours été utiles pour sécher les cours. Comme ils sont loin, personne ne songe à les emprunter et on peut donc fuir de se côté pour éviter les profs. Comme aujourd'hui, où je fuyais Mr. Wilson, le prof d'anglais dont les cours rébarbatifs au possible devraient être supprimés ( en plus, je ne suis pas la seule à sécher ses cours, je sais qu'Ishito les sèches régulièrement ). Bref. Je fuyais par les couloirs, faisant des détours énormes pour rejoindre les dortoirs. Je m'étais promis d'aller me venger de Will qui, encore une fois avait lâché une grenouille dans ma chambre. Certes, je lui avait pourrit sa journée en l'enfermant dans les toilettes, mais d'abord j'avais mes raisons et par principe, il a forcément tord. Je voulais donc préparer un plan diabolique pour lui faire regretter.
Alors que j'approchais de l'ascenseur, dernière ligne droite avant ces stupides dortoirs, j'entendis du bruit. Des feuilles ou des dossiers qui venait de tomber, suivit d'un autre bruit assez singulier que je ne parvins pas à identifier. La curiosité est un vilain défaut. J'aurais du m'en souvenir ! Au bout du couloir se tenait Mr Wilson, assit par terre, les jambes tendues, son fauteuil roulant a quelques mètres de lui.
J'étais tiraillée entre une irrésistible envie de rire et une sorte de panique. finalement, j'éclatai de rire. La situation était trop absurde. Je ne faisais que m'enfoncer, mais je n'arrivai même plus à m'arrêter. Ça devait être terriblement humiliant pour lui, mais je m'en foutais. J'avais l'occasion d'être en position dominante, et j'espérai pouvoir en profiter ne serais-ce qu'un petit peu. Une fois la crise de rire finie, je repris ma respiration pour me calmer parfaitement, et déclara d'une voix posée:


- Pardonnez moi, professeur. Je peux vous aider ?


Je regretta presque immédiatement ce que je venais de dire. J'aurais dû le laisser planté là, et partir en courant, priant pour que sa fierté le force à ne pas parler de cet incident. Je pourrai peut-être tenter le chantage ? Cependant, je connaissait suffisamment la réputation de Mr Wilson pour ne même pas essayer. Je maudissait le hasard qui, d'habitude jouait en ma faveur. Là, ma chance avait bel et bien tournée et il fallait que je me débrouille seule. Je bafouilla un truc que je ne compris pas moi même, et lui tendit la main avec un sourire forcé.


( désolé c'est super court ! :s )


Dernière édition par Yunä Tsuno le Jeu 27 Jan - 17:19, édité 1 fois
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James E. Wilson

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MessageSujet: Re: Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]   Mer 26 Jan - 20:03

Je ne me souvenais pas que cette élève m'était si antipathique... Enfin, je ne me souvenais pas vraiment d'elle, elle avait tendance à sécher mes cours, malgré mes efforts pour les rendre un peu plus attrayants. Il fallait dire que le moral ne suivait pas, alors... Je ferais mieux d'abandonner ce travail et rechercher un job d'interprétariat... De toute façon c'était trop tôt pour penser à ce genre de choses, on me virerait bien assez tôt. J'observais la jeune femme qui s'était mis à rire aux éclats. Mes joues se tintèrent d'un rouge vif, je ne voyais vraiment pas ce qu'il y avait de drôle dans ma situation ! Je terminai donc de ranger mes papiers sans prêter attention à elle et son rire de dinde, non mais vraiment...
Je fulminais alors que la jeune femme tenter de se calmer avant d'approcher, me demandant si je voulais de l'aide, j'allais refuser quand elle me tendit la main. J'observais la jeune fille un instant, avant d'éviter sa main tendue, je finis de rassembler mes papiers et me penchais pour faire venir le fauteuil. Je posais mes papiers dans le dossier – lui-même casé dans un coin, et commençais à prendre appui sur les rebords pour soulever le reste de mon corps.


« Vous voyez, je ferai toujours en sorte de n'avoir besoin de personne. »

Je lui fis un léger sourire, avant de réussir à me mettre debout en courbant le dos le moins possible, en n'utilisant que très peu les muscles de mes jambes et de mon dos. Je me trouvais alors debout, plus grand que Yunä, retrouvant la disposition originelle professeur-élève.

« Ça évite les mauvaises surprises... »


Mon sourire finit par disparaître alors que je la regardais dans les yeux. Je finis par m'asseoir dans le fauteuil, étouffant un gémissement de douleur à cause de mes côtes. Je regardai mes mains quelques secondes, avant de les poser sur mes roues.

« Je vois que vous êtes en forme en tout cas, je suppose que vous avez une excuse pour que je vous trouve dans le couloir à cette heure-ci alors que mon cours est terminé depuis 15 minutes ? »

C'était le genre de fille à me dire la vérité, quitte à ce que ce soit « je me suis limée les ongles, c'était plus important ! » et c'était bien cela qui m'exaspérait. Elle était une élève sans pouvoir, envoyée ici sûrement par une famille fortunée qui voyait dans un pensionnat le bon moyen de se débarrasser d'une fille un peu trop arrogante. Résultat, c'était la Directrice et les membres du personnel qui se farcissaient cette gamine pourrie gâtée. J'aurais aimé, pendant un instant, n'avoir aucune responsabilité pour lui faire subir une illusion dont elle se souviendrait, mais la partie raisonnable de mon cerveau s'opposait à ce genre d'actes, même si, sur le papier, ils s'avéraient très drôle.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit alors lentement, après un léger son de cloche significatif. J'observais la jeune femme, les sourcils ré-haussés, me demandant si elle était venue par ici pour prendre l'ascenseur ou si c'était seulement pour me regarder me débattre avec mon fauteuil... Si tel était le cas, j'espérais que le spectacle avait été assez plaisant... Je m'engageais dans l'ascenseur heureusement assez grand pour permettre les demi-tour. Une fois celui-ci fait, je bloquai la porte et regardais la jeune femme aux cheveux turquoises et au regard malicieux.


« Vous montez vous reposer après avoir séché votre cours ? »

Oui, elle m'avait tellement agacé que je comptais bien en faire de même. Bien sûr, ce genre de dialogue n'était que peu commun dans les couloirs de Yoru entre un professeur et son élève, mais voilà, je ne tenais pas à me forcer. Pas devant quelqu'un qui séchait les cours et se moquait de son professeur alors qu'il se trouvait démuni. J'attendais seulement de voir si elle irait jusqu'au bout ou si elle n'aurait pas le courage de continuer ce petit jeu qui s'était installé. Qui fera plier l'autre en premier ? Je ferai tout pour résister à ses attaques en tout cas, depuis l'accident il restait difficile de me toucher, ma vie était confidentielle et personne n'était au courant de mes plus importants secrets. Yunä pouvait toujours essayer, ce serait elle qui finirait par grogner en premier... Peut-être même dans les prochaines minutes...
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Yunä Tsuno

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MessageSujet: Re: Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]   Jeu 27 Jan - 17:39

Je sentais bien qu'il était agacé. Je crois même que s’il le pouvait il me mangerait place. Dommage pour lui, le règlement est strict: « interdiction de manger les élèves ». Il s'était trainé jusqu'à son fauteuil et après m'avoir fixé un petit moment, il se releva. Il n’était pas sensé être paralysé ? Que faisait-il en fauteuil alors qu'il tenait debout ? Il n'empêche, je ne me souvenais pas qu'il était si grand. Pendant un instant, je pensai abandonner, et repartir en m'excusant, mais il s'assit soudainement sur ses roulettes, étouffant un gémissement. Voilà qui était mieux. Une nouvelle fois j'étais la plus haute. Mon sourire naissant s'effaça instantanément lorsqu'il lui demanda la raison de mon absence. Une puissante envie de lui raconter un truc du genre "j'avais faim." ou "je me suis cassé l'ongle de l'auriculaire et ça a écaillé mon vernis, je souffre beaucoup", mais mon instinct me le déconseilla. A la place, je laissai un blanc s'installer et conserva mon air arrogant qui énerve tant les gens. La porte de l'ascenseur s'ouvrit, laissant la place au prof de faire un demi-tour, ce qu'il fit pour me faire face. Il me relança une pointe, cette fois ci précisant qu'il avait compris que j'avais sécher. N'y tenant plus, je répondit:

- Oui, je suis très fatigué vous comprenez ? Les marches des escaliers sont hautes ici et je n’aime pas rester debout, c’est réellement éreintant, vous ne trouvez pas ? Oh, pardon. Vous ne pourrez peut-être pas vous relever une nouvelle fois, je ne veux pas vous dégouter.

Avais-je dépassé les bornes ? Je n’en savais pas grand-chose, mais j’avais à présent envie de faire le plus de mal possible. Le comportement de cet homme, ses petits airs supérieurs qu’il affiche régulièrement en cours… On a l’impression qu’il souhaite toujours montrer que le chef, c’est lui. En l’occurrence, entre lui et moi c’est le cas. Mais je déteste être abaissée, et je lui marcherai sur les pieds s'il le faut.

Pourtant, en dehors des cours, il paraît que c’était un type sympa. Moi, je ne demande qu’à voir. Je ne me rappelle plus de notre première rencontre –ou de notre premier cours et à vrai dire tant mieux. Je pense seulement qu’il y a du avoir un truc parce qu’il me semble que nous nous sommes jamais vraiment apprécié. Toujours ce même froid entre nous deux. Il paraît que deux caractères forts ne s’entendent jamais. Ça doit être vrai car tous mes ennemis on un caractère de cochon et prétendent que c’est moi qui suis insupportable. Bah. Qu’ils pensent ce qu’ils veulent, moi je m’en fiche. Les autres sont et seront toujours des pions à manipuler afin d’atteindre des objectifs.


- Au fait, ça fait quoi d’être déjà considéré comme un handicapé ? Au moins, vous aurez des places de stationnement réservées, c’est une belle consolation, non ? Ajoutais-je.

Plus je parlais, plus je m’enfonçais. Ça me faisait presque rire, à présent. J’allais probablement avoir un avertissement, ou même un renvoi mais ce sont des choses auxquelles on s’habitue, n’est-ce pas ? C’est donc avec une certaine impatience que j’attendis la réponse du professeur.



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James E. Wilson

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MessageSujet: Re: Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]   Jeu 27 Jan - 19:31

J'observais la jeune femme de mon fauteuil, à croire qu'elle aimait perdre son temps n'empêche, enfin, peu m'importait si elle ne pensait pas à son avenir. Je n'étais pas un bon samaritain, juste un professeur alors je ne lui faciliterais pas plus la tâche qu'elle ne facilitait la mienne... J'espérais tout de même qu'elle n'allait pas me tenir la jambe trop longtemps, sinon je risquais réellement de m'énerver. Le pire c'est qu'elle répondait à mes questions orientées. J'avais juste envie qu'elle se rende compte de son insolence. Je ne pris même pas la peine de répondre à son attaque. Si cela s'amusait de se moquer de moi et de mon hypothétique prochaine paralysie, c'était tant mieux pour elle, au moins ma condition rendait quelqu'un joyeux.

Finalement, je la laissais entrer, histoire de ne pas bloquer l'ascenseur pendant trop longtemps et appuyer sur le bouton pour l'étage supérieur, puisqu'apparemment la jeune femme comptait réellement se reposer après n'avoir rien fait. J'avais bien envie de lui dire de s'en aller ou autre chose dans ce genre, mais a priori cela ne servirait à rien, comme de la virer, de lui donner un avertissement, de la coller ou encore d'appeler ses parents. Elle était du genre à se fichtre de tout et en premier lieu de moi. Je lâchais un soupir alors que l'ascenseur montait et que Yunä recommençait à me parler, je serrais les dents un instant avant de répliquer.


« C'est une sensation vraiment délectable, vous devriez essayer. Et plus que les stationnement, imaginez, je vais avoir la joie de partager l'ascenseur avec vous. Ce sera l'occasion de vous voir, plus qu'en cours en tout cas. »


Je sortis mon portable un instant, plus pour regarder l'heure qu'autre chose, seulement il se mit à vibrer. « HOPITAL ». Je restais à observer l'écran, je ne pouvais décemment pas répondre maintenant, je les rappellerai plus tard. De toute façon, quoique ça puisse être, c'était certainement pas pour me dire que j'étais sauvé, ou si c'était réellement le cas, ils me laisseraient un message, alors bon, ça ne comptait pas réellement. Je laissais le portable vibrer sans m'en soucier particulièrement, l'ascenseur arriva au bon étage pour Yunä, la porte s'ouvrit. Je sortis néanmoins en premier.

« Plus sérieusement, Yunä, vous comptez sécher mes cours encore longtemps ? Ça risque de faire une grosse tâche dans votre dossier scolaire si ça continue. Ce serait dommage d'échouer à cause de cela. »

Oui je sais, j'avais dit que je devais essayer de réagir comme elle, seulement je n'y arrivais pas. Je trouvais cela réellement ridicule qu'elle ne vienne pas en cours. Autant qu'elle m'ait en horreur c'était une chose, mais elle n'aurait à m'avoir que deux heures par semaine selon son contrat pédagogique, ce n'était quand même pas quelque chose d'énorme. Enfin, elle ne m'écouterait pas et je parlais sûrement dans le vide, mais j'aurais au moins essayé...
Je la regardais alors que mon portable se remis à vibrer... Quand je le saisis je pus voir qu'il s'agissait à nouveau de l'Hôpital, je poussais un soupir.

« C'est apparemment important. Je vais vous laisser Yüna, bonne journée. »

Qu'au moins elle, elle en profite... La mienne était déjà complètement fichue. Je m'éloignais de la jeune femme en faisant rouler mon fauteuil vers une fenêtre assez basse pour que je puisse regarder le paysage. Je décrochais alors, sans même me soucier de la présence ou non de la jeune femme.


« Allô ?
- M. Wilson ?
- Lui-même.
- Nous avons le résultat de vos analyses de sang, votre taux de globules blancs est anormalement élevé, il faudrait que vous veniez nous voir le plus rapidement possible pour une autre analyse, il pourrait s'agir d'une infection.
- Pardon ? Mais la première présentait un problème totalement différent !
- Oui et cette évolution qui nous fait penser à une infection, nous allons devoir vérifier votre état car, par extension, le nerf pourrait gonfler et se coller à votre colonne, l'opération serait alors trop risquée pour...
- J'ai compris, je serai là. Au revoir.
- Bien, au re... »

Je raccrochais quasiment au nez de cette femme, docteur, secrétaire, stagiaire, peu m'importait. Je fermais mon portable pour le remettre dans ma poche, serrant les poings un instant. Bien. Mon cas s'aggravait donc encore... Je soupirais, avant d'agripper mes roues pour retourner à l'ascenseur. Là où Yunä était toujours postée. En gros, même si elle n'avait sûrement pas tout entendu, elle avait dû au moins comprendre l'essentiel : je n'allais pas bien. Elle devait s'en réjouir en plus.. Ah si seulement le châtiment corporel existait encore.

Je ne levai pas la tête, n'ayant aucune envie de croiser un regard triomphant que j'aurais envie d'effacer avec mes poings. J'appuyais sur le bouton pour faire venir l'ascenseur qui bien sûr était parti vers d'autres horizons. Je préférais ignorer la jeune femme, ce n'était plus si drôle, de se prendre le bec avec elle.
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Yunä Tsuno

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MessageSujet: Re: Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]   Ven 28 Jan - 15:07

On entra dans l’ascenseur, et après avoir répondu avec ironie à ma question, il refusa un appel. Curieuse, j’avais jeté un coup d’œil à son portable. La chose était aisée, car étant plus haute que lui, je pouvais voir tout ce qu’il faisait. Je lus « Hôpital ». Il voulait probablement savoir s’il allait bien, un truc du genre. Aussi je n’y prêtai pas attention.

L’ascenseur s’arrêta à mon étage et Mr. Wilson sortit. Il me fit une remarque sur ma tendance à sécher ses cours. Soit disant que ça ferait « une tache sur mon dossier », etc. Le genre de discours que l’on me tient tous les ans. Le problème, c’est que je n’avais pas envie de travailler et encore moins l’anglais auquel je ne comprenais rien. Langue de Shakespeare peut-être, mais pas langue de Yunä. Ce genre de raisonnement met mon père dans des colères monumentales à chaque fois. Il faut reconnaître que ce n’est pas spécialement mature. Mais comme je suis immature, cela n’a aucune importance.

Le téléphone du professeur vibra de nouveau, affichant encore « Hôpital ». Il soupira et après avoir dit un truc que je n’entendis pas, il décrocha. Je ne bougeai pas, attendant toujours de pouvoir répondre à sa dernière attaque, mais regardai ailleurs pour rester un minimum polie. Ce qui ne m’empêcha pas d’écouter la conversation. Les phrases de Mr. Wilson étaient courtes, je ne compris donc pas ce qu’il se passa. Je ressentis cependant que son état ne s'arrangeai pas, vu le ton de sa voix et les expressions de son visage. Il retourna vers l’ascenseur, évitant mon regard.

En temps normal, je crois que j’aurais été heureuse. J’avais plus d’une fois souhaité la mort de ce professeur qui me détestai et que je n’arrivai pas à corrompre. Mais là, à ce moment, j’eus vraiment de la peine pour lui. Ses poings s’étaient serrés visiblement assez fort. Je n’avais plus envie de le chercher, de harceler comme une mouche. Ça avait perdu toute saveur, à présent. Je voulu même dire quelque chose de gentil, mais je ne pouvais pas. Même dans ces situations, mon orgueil était le plus fort, et ce malgré le fait que mon visage avait remplacé l’expression de mépris et de colère par une expression plus douce, presque de compassion. Finalement, je décidai de surpasser mon orgueil :

- Ça va aller, professeur ? Une mauvaise nouvelle ?

Je remarquai alors que si mon ton se voulait doux, j’avais encore cette pointe d’ironie que j’avais tant de mal à supprimer. Chaque fois, je tombai à côté. Ça n’arrangeait pas mes affaires. Bref, j’étais sûre de passer encore à côté et de vexer Mr. Wilson encore plus qu’avant. Mais au pire, j’avais bonne conscience. Même si il le prenait mal, j’aurais tenté d’être gentille, j’aurais au moins eu une bonne pensée aujourd’hui. C’était une chose assez rare, finalement. Je ne sais pas pourquoi toujours ce besoin d’embêter les autres. Bref. Je n’avais même plus envie de me venger de ce stupide William. J’allai rentrer dans ma chambre, me crêper le chignon avec cette petite peste de Léa, dormir, travailler un peu pour la forme, puis m’endormir. Super. Je jetai un œil vers le professeur, et poussa un soupir. En plus ma question était con. Il suffisait d'avoir des yeux, des oreilles et un, minimum de jugeote pour voir que non, ça n'allai pas et que oui, il y avait une mauvaise nouvelle qui était tombée.

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James E. Wilson

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MessageSujet: Re: Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]   Ven 28 Jan - 19:36

Depuis que j'avais enfin atteint mon but, ma vie semblait être devenu un calvaire, comme si quelqu'un me faisait payer la chance des premières années, à croire que l'on m'en voulait quelque part. J'avais besoin d'être seul maintenant, de toute façon je me doutais que cet appel n'annoncerait rien de bon. J'avais donc une nouvelle chance de finir handicapé... C'était sûrement ainsi que cela allait se terminer... Je n'entendis qu'à peine les paroles de la jeune femme, j'étais las maintenant...

« Tu sais, quand tu m'as demandé ce que ça faisait d'être dans un fauteuil... Eh bien, je crois que je ne me suis jamais senti aussi mal. Tout le monde te regarde d'en haut, sur tous les visages je ne vous que de la pitié ou des interrogations, personne ne reste indifférent, certains font semblant de vous ignorer, mais je peux sentir leurs regards se tourner vers moi une fois que je suis passé devant eux. Au départ, je pensais que ce ne serait pas si grave de ne pas pouvoir bouger les jambes, de ne pas pouvoir marcher et maintenant que je suis dans ce cas, je trouve que c'est vraiment terrible. »

Je levais la tête vers Yunä avec un petit sourire, je n'avais plus envie de me prendre la tête, qu'elle se foute de moi ou pas, ça ne me faisait plus rien, si elle voulait continuer à me détester, moi je ne ferai plus attention à sa personne et elle finirait par ne plus exister pour noi, tout simplement.

« C'est dommage, que tu ne viennes pas en cours, je suis sûr qu'en travaillant un peu tu apprendrais vite... Et puis, le prochain professeur sera peut-être moins désagréable que moi. »

Je n'avais pas envie de tomber dans le sentimentalisme ou pire dans le tragique. J'allais trouver un autre boulot et puis voilà. De toute façon, je ne devais pas vraiment être fait pour enseigner vu le nombre d'élèves qui me détestaient. Mine de rien, j'aimais bien leur répondre ) tous, leur montrer que je restais le patron et que quoiqu'ils fassent, rien ne me perturberait. Au final ce n'étaient pas les élèves qui m'avaient eu mais la vie. J'eus envie d'écrire un message à Naho pour lui dire que j'allais encore à l'hôpital, mais je ne pouvais décemment pas le faire devant une élève, même si ma démission serait sûrement acceptée.

« Enfin, tu fais comme tu veux. Quand je vois comment je me suis battu pour mes études et où j'en suis maintenant, j'aimerais autant te dire de vivre ta vie comme tu l'entends et surtout de ne pas perdre de temps. »

Oui, au final la démission était sûrement la meilleure chose à faire, ainsi il n'y aurait plus de problème entre Naho et moi, je n'aurais plus à supporter tout le stress de cette école, et les élèves seront enfin tranquilles de ne plus m'avoir comme professeur.
Une forme de vie rêvée pour chacun d'entre nous...
Je soupirais puis levais finalement la tête pour observer Yunä, elle semblait plus calme maintenant, étrange... S'inquiétait-elle pour moi ? Non, ce n'était probablement pas son genre, mais j'espérais au moins que ça l'ait fait réagir par rapport à sa propre existence... Rien ne semblait gagné d'avance dans ce monde, j'en étais le parfait exemple. De plus, Yunä était une sans pouvoir, elle ignorait complètement ce qu'il se passait ici, il faudrait qu'elle apprenne que les différences n'étaient pas que physiques ou morales... À mon avis, ce serait un grand coup pour elle, le jour où elle apprendrait tout ça... Si jamais elle l'apprenait un jour...

« Bien, alors je pense que c'est un au... »

Je restais bloqué sur ma phrase, je le sentais, ce fichu nerf déplacé, je dus serrer les dents un instant. Je détestais ça, faire face à un élève, encore plus faire face à Yunä et devoir me cacher.

« Ah, ça devient vraiment ennuyeux, j'ai perdu Yunä. »

Je cessai alors de la regarder pour faire mon demi-tour et monter dans l'ascenseur, au moment où la porte de celui-ci se fermer, j'avais été trop long.
Je pestai avant de littéralement frapper sur le bouton afin de faire revenir l'ascenseur. Voilà je me haïssais, cette situation venait de passer de un peu gênante à terriblement angoissante. Yunä allait pouvoir se moquer de moi pour le restant de mes jours et moi, j'essayais de me persuader que je devais rester en vie pour mes parents et pour Naho.
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MessageSujet: Re: Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]   

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Il ne manquerait plus qu'on me mette des bâtons dans les roues... [Yunä]
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